Ma Maîtresse Alpha – Paraphilie/MAITRESSE ALPHA
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22 février 2020

Ma Maîtresse Alpha

Vous m’avez mis aux ordres. Vous m’avez fait voir la vérité. Sans vous, je serais resté aveugle. Je vous en suis infiniment reconnaissant. Car c’était me mettre sur le droit chemin de l’humilité.
Grâce à vous et à votre implacable exigence de sincérité, j’ai compris qu’adorer, c’est d’abord et exclusivement obéir. Faire mienne votre volonté est le seul moyen d’y parvenir. La route sera longue pour atteindre à la totale abnégation. Mais j’ai foi en votre maîtrise des situations, et j’ai la conviction intime que Madame sait ce qu’elle est en droit d’exiger. Je vous servirai sans relâche et sans chercher de faux-fuyants, mû par l’affectueuse docilité que vous m’inspirez. Le reste vous le jugulez en attendant de le réformer. Puissé-je porter fruit en votre jardin de subordination. Car jamais je ne serai votre égal, Ô ma Déesse aux ailes de vent !
Parce qu’on n’est soi que par un autre qui nous façonne en nous imprimant la forme de ses pensées, votre présence dans ma vie confère à celle-ci densité et raison d’être, semblablement sans doute à celle de l’impétrant qu’on s’apprêtait à initier aux Mystères d’Éleusis ou de Cybèle. Parce que nos failles sont aussi le lieu où fructifient nos plus nobles aspirations lorsque nous les surmontons par l’obéissance à ce qui nous dépasse et nous inspire. Maîtresse Alpha domine son sujet. Elle joue et ne joue pas. Son jeu n’est pas imitation. Il est la réalité. La réalité ludique des relations de pouvoir. La possession est le domaine de Madame. L’enfermement son élément. On va à elle comme on retourne à la source. Parce qu’elle est un jeu, sa magie est circonscrite dans une durée et un lieu qui sont soustraits au temps et à l’espace ordinaires. Parce qu’il est réel, son jeu coïncide avec le sérieux de la vie. Jouer à emprisonner, à attacher et à maltraiter dans les limites que l’on s’est imposées, c’est emprisonner, attacher et maltraiter réellement à l’intérieur de ces limites. De même, jouer à être emprisonné, attaché et maltraité dans les limites que l’on s’est fixées, c’est être réellement emprisonné, attaché et maltraité à l’intérieur de ces limites. Ce sont les limites qui déterminent la nature ludique de l’activité carcérale de Madame, mais son contenu a tout le sérieux du réel.
C’est en partie pourquoi devenir son captif est une expérience incomparable.
L’autre raison est son style. Le style est la signature de la personne. Au sens esthétique
comme au sens moral et spirituel. Je ne tenterai pas de résumer le style de Madame. Un style ne se résume pas. Il est ce qui résume, quoique de manière vivante et évolutive, une personne. Approcher la personne est la meilleure manière, sinon la seule, de connaître son style. Dans le cas de Madame, approcher sa personne signifie devenir toile sous ses pinceaux, argile sous ses couteaux de sculptrice. Connaître le style de Miss Alpha, c’est le voir imprimer par elle dans ma chair, corps et âme liés. C’est accueillir Maîtresse Alpha au plus intime et en être transformé. C’est renaître à la vie. Car Maîtresse Alpha ne reproduit pas des stéréotypes. Elle crée du neuf. Origine et fin de son art. Ce neuf, ce fut moi, dans la chrysalide du cachot. Miss Alpha construit avec patience une œuvre autour de la réclusion et du confinement. Cette œuvre est secrète, vivante, vigilante, intelligente, suave et animale. Elle procède de Maîtresse Alpha. Elle est son musc, la fécondité de sa pensée et l’âme de sa générosité. Miss est
l’incarnation du secret. Miss est l’incarnation du mystère. Sans lesquels il n’y a pas de
vérité. Car toute vérité aime à se cacher.
Distante, Maîtresse Alpha me décerne tous les attributs d’un jouet et m’en affuble. Elle exerce son arbitraire et son bon plaisir jusqu’à faire de moi ce qu’elle veut, jusqu’à obtenir une totale absence de résistance de ma part, jusqu’à disposer de moi sans aucune limitation, libre de me traiter comme une marionnette – signe de mon plus complet abandon. Là, je me sais sa chose fascinée. Je sais que je suis en son pouvoir, que malgré tous mes efforts et mon zèle, je reste le prisonnier de sa surpuissance, éternellement en retard sur elle
d’un désir et conscient pour cette raison que tout ce qui vient d’elle est un don indu.
Immergée avec son captif dans le jeu qui nous entraîne et nous ensorcèle en une commune respiration, elle jouit pleinement de sa propre magie.
Reprenant sa distance souveraine par rapport à son prisonnier qu’elle consent à détenir bien qu’elle n’ait nul besoin de lui, bien qu’il ne soit qu’un simple passe-temps dans sa vie infiniment belle, mystérieuse et riche, elle lit dans ses yeux l’enchantement retrouvé par la (dé)possession.
Dans le regard de la prêtresse, brille aussi l’éclat de l’enchantement retrouvé, mais dans la liberté de la geôlière. À nous deux, le temps d’une cérémonie ludique qui nous ramène aux origines en son antre où résonnent les rires de l’officiante qui se joue de moi, nous sommes le symbole du monde.
Puisse le lecteur humer le parfum de secret qui, dans ces pages, émane de Maîtresse Alpha, et se laisser pénétrer par son aura de mystère, car c’est ainsi que l’on y entre. Alors, peut-être, prendra-t-il, à l’instar des deux protagonistes de ces poèmes, connaissance de sa part obscure et deviendra-t-il, à son tour et pour un moment, vérité, dans cette énigme commune qu’est la vie.
Vous m’avez mis aux ordres. Vous m’avez fait voir la vérité. Sans vous, je serais resté aveugle. Je vous en suis infiniment reconnaissant. Car c’était me mettre sur le droit chemin de l’humilité. Grâce à vous et à votre implacable exigence de sincérité, j’ai compris qu’adorer, c’est d’abord et exclusivement obéir. Faire mienne votre volonté est le seul moyen d’y parvenir. La route sera longue pour atteindre à la totale abnégation. Mais j’ai foi en votre maîtrise des situations, et j’ai la conviction intime que Maîtresse Alpha sait ce qu’elle est en droit d’exiger. Je vous servirai sans relâche et sans chercher de faux-fuyants, mû par l’affectueuse docilité que vous m’inspirez. Le reste vous le jugulez en attendant de le réformer. Puissé-je porter fruit en votre jardin de subordination. Car jamais je ne serai votre égal, Ô ma Déesse aux ailes de vent !